Gouvernance & ROI

World Quality Report 2025-2026 : ce que révèle la 17e édition

La 17e édition du World Quality Report, publiée par Capgemini, Sogeti et OpenText, met en lumière un grand écart entre l'ambition affichée sur l'IA et sa réalité opérationnelle. Voici les chiffres marquants du rapport et ce qu'ils impliquent concrètement pour piloter votre qualité logicielle.

Rapports, graphiques et analyses de données de qualité logicielle sur un bureau
En bref
  • 89% des organisations pilotent l'IA générative en QA, mais seules 15% l'ont déployée à l'échelle.
  • La couverture d'automatisation stagne à 33% et seules 8% ont une stratégie établie.
  • Les données synthétiques bondissent de 14% à 25%, l'une des rares tendances en forte hausse.
Méthodologie du rapport

Un baromètre mondial de la qualité logicielle

Le World Quality Report est publié chaque année depuis dix-sept ans par Capgemini, Sogeti et OpenText. L'édition 2025-2026 repose sur les réponses de milliers de responsables QA, ingénierie et IT interrogés dans plus de trente pays, ce qui en fait l'une des enquêtes les plus larges du secteur.

Cette assise donne au rapport sa valeur de référence : il ne mesure pas une pratique isolée mais une tendance de fond, à l'échelle du marché. Son intérêt principal est de situer sa propre maturité par rapport à un panel mondial, plutôt que de raisonner à l'aveugle sur des impressions internes.

Le fil conducteur de cette édition est net : un décalage persistant entre l'ambition déclarée autour de l'IA et sa mise en oeuvre réelle. Les sections qui suivent reprennent les statistiques les plus parlantes, telles que citées dans le rapport.

Le paradoxe de l'IA

Beaucoup de pilotes, peu de déploiements

L'IA générative est partout dans les intentions, rarement dans la production. 89% des organisations pilotent ou déploient de l'IA générative dans leurs processus de qualité, mais seules 15% l'ont réellement généralisée à l'échelle de l'entreprise. Les 74% restants demeurent en phase de pilote ou d'exploration.

Plus surprenant, le mouvement n'est pas uniquement ascendant. La part des organisations n'ayant adopté aucune IA générative est passée de 4% en 2024 à 11% en 2025, signe que certaines équipes ont fait marche arrière après des pilotes décevants. Cette prudence renouvelée traduit une prise de conscience : sans cadre clair, l'IA ne tient pas ses promesses.

Du côté des compétences, la bascule est actée. 63% des responsables QE citent la maîtrise de l'IA générative comme compétence prioritaire, devançant pour la première fois les compétences techniques traditionnelles à 60%. L'enjeu de formation devient central pour franchir le cap du pilote.

Les chiffres clés

Les statistiques à retenir de l'édition

Le tableau ci-dessous rassemble les indicateurs les plus cités du rapport 2025-2026. <strong>Chaque ligne oppose une ambition largement partagée à une exécution qui peine encore à suivre.</strong>

Indicateur Chiffre Ce que cela signifie
Pilotes ou déploiements d'IA générative en QE 89% L'intérêt est quasi universel
Déploiement de l'IA à l'échelle de l'entreprise 15% La généralisation reste rare
Couverture moyenne d'automatisation des tests 33% Un niveau stagnant d'une année sur l'autre
Organisations avec une stratégie d'automatisation établie 8% La maturité structurée reste marginale
Gain moyen de productivité chez les adoptants IA 19% Un bénéfice réel mais modéré
Difficultés de gestion des données de test 60% Le nerf de la guerre reste la donnée
Pilotes de shift-right lancés 38% Le test par la télémétrie de production progresse
Usage des données synthétiques (2024 → 2025) 14% → 25% Une accélération de 80% en un an
Automatisation et données

L'exécution reste le point faible

Derrière l'engouement pour l'IA, les fondamentaux progressent lentement. Trois constats du rapport méritent une attention particulière.

Une automatisation qui plafonne

Avec 33% de couverture moyenne et 50% des organisations encore en phase de planification, l'automatisation reste un chantier ouvert. La technologie ne manque pas, c'est la stratégie et la constance qui font défaut.

La donnée de test comme goulot

60% des organisations peinent à gérer des données de test sûres et scalables. Sans données fiables, ni l'automatisation ni l'IA ne peuvent produire de résultats reproductibles, ce qui explique la percée des données synthétiques.

Des outils difficiles à adopter

58% des équipes rencontrent des difficultés à adopter les outils de test dopés à l'IA. Le frein n'est pas l'accès à l'outil mais l'absence de cadre de responsabilité et de compétences pour l'exploiter durablement.

Ce diagnostic rejoint ce que nous observons sur le terrain : le manque d'automatisation a un coût mesurable. Pour l'objectiver dans votre contexte, consultez notre analyse du coût du manque d'automatisation des tests.

Passer à l'action

Trois recommandations concrètes

Le rapport ne se contente pas de décrire, il oriente. <strong>Ses recommandations convergent avec une conviction simple : on ne pilote bien que ce que l'on mesure.</strong>

01

Mesurer avant d'outiller

Établir une performance de référence avant d'adopter le moindre outil IA est la condition pour distinguer un gain réel d'un effet d'annonce. Sans baseline, les 19% de productivité moyenne restent invérifiables dans votre propre organisation. C'est exactement la logique de notre Automate Score.

02

Définir une responsabilité claire de l'IA

L'absence de propriétaire identifié de l'IA dans le testing est l'un des freins organisationnels majeurs pointés par le rapport. Nommer un responsable et un cadre de déploiement évite les pilotes orphelins qui expliquent le recul de l'adoption entre 2024 et 2025.

03

Démarrer par les données synthétiques

Commencer par les données synthétiques offre un ROI tangible et rapide, ce qui explique leur bond de 14% à 25% en un an. Elles répondent directement au goulot des données de test que 60% des organisations peinent à maîtriser, sans exposer de données réelles.

FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le World Quality Report ?

Le World Quality Report est l'étude annuelle de référence sur l'état de la qualité logicielle et des tests, publiée conjointement par Capgemini, Sogeti et OpenText. L'édition 2025-2026 est la 17e du nom et s'appuie sur les réponses de milliers de responsables QA, ingénierie et IT répartis dans plus de trente pays. Elle sert de baromètre pour situer ses pratiques d'assurance qualité par rapport au marché.

Où en est réellement l'adoption de l'IA générative en QA ?

L'écart entre ambition et exécution est frappant. 89% des organisations pilotent ou déploient de l'IA générative dans leurs processus de qualité, mais seules 15% l'ont déployée à l'échelle de l'entreprise, et 74% restent en phase de pilote ou d'exploration. Signe d'un tassement, la part des organisations qui n'ont adopté aucune IA générative est même passée de 4% en 2024 à 11% en 2025.

Pourquoi la couverture d'automatisation reste-t-elle bloquée ?

La couverture moyenne d'automatisation des tests stagne autour de 33%, alors que 50% des organisations en sont encore à la planification et que seules 8% déclarent une stratégie d'automatisation établie. Le rapport pointe des freins organisationnels plus que techniques : responsabilité floue de l'IA, absence de cadre de déploiement structuré et compétences insuffisantes. La technologie est disponible, c'est l'exécution qui manque.

Quel gain de productivité l'IA apporte-t-elle vraiment ?

Chez les organisations qui ont adopté l'IA, l'amélioration moyenne de productivité s'établit à 19%, un gain réel mais loin des promesses. Un tiers des adoptants (33%) déclare même des bénéfices très limités. C'est pourquoi le rapport insiste sur la mesure d'une performance de référence avant d'outiller : sans point de comparaison, impossible de distinguer un vrai gain d'un effet d'annonce.

Par quoi commencer pour tirer parti de ces tendances ?

Le rapport recommande trois gestes concrets : mesurer sa performance de référence avant d'adopter le moindre outil, définir une responsabilité claire de l'IA dans le testing, et démarrer par les données synthétiques pour obtenir un ROI tangible. L'usage de données synthétiques a d'ailleurs bondi de 14% en 2024 à 25% en 2025, l'une des rares tendances en forte accélération.

Sources

Situez votre maturité face au marché

Échangeons sur votre contexte : nos experts confrontent vos pratiques aux tendances du World Quality Report et vous aident à franchir le cap du pilote vers un déploiement mesuré.

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